
Numérique, IA & souveraineté · · 18 min
Démarches simplifiées, le commun que personne ne compte
Le 17 octobre 2026, le compteur public de la plateforme de l'État affiche 22 571 666 dossiers déposés. Au moins six autres instances du même logiciel, exploitées par des organismes tiers du Pacifique au Loiret, en totalisent plus d'un million. Démarches simplifiées est devenu un commun numérique sans que personne l'ait décidé, et sans que personne en tienne le compte. Lu avec David Edgerton, historien des techniques en usage plutôt que des techniques inventées, le cas montre ce que le discours officiel ne formule pas : la réussite de cette infrastructure tient à une maintenance dispersée, et sa fragilité tient exactement à la même cause.
Un outil d'État devenu commun par l'usage, pas par décret
Le 17 octobre 2026, la page de statistiques de la plateforme affiche 22 571 666 dossiers déposés depuis l'origine, dont 636 865 sur les trente derniers jours, et 60 003 démarches dématérialisées. Le service s'appelle désormais demarche.numerique.gouv.fr. Sa documentation officielle le décrit comme une « application en ligne prête à l'emploi développée, hébergée et maintenue par la Direction Interministérielle du Numérique (DINUM), mise à disposition de l'ensemble des organismes publics ».
La fiche du produit sur beta.gouv.fr date sa construction du 15 septembre 2015 et son passage au statut de service « opéré au sein du réseau » du 1er juillet 2020. L'ADULLACT, association de collectivités utilisatrices de logiciels libres, rappelait le 25 février 2021 que la plateforme, lancée en 2018, avait vite dépassé les deux millions de dossiers. Le code source est publié sous licence AGPL-3.0 (licence libre qui impose de republier les modifications d'un logiciel exploité en ligne), et le dépôt principal de l'organisation GitHub du service compte une centaine de copies dérivées, ou forks.
Ces faits suffisent à poser la tension. La plateforme de l'État est un service centralisé, porté par une direction interministérielle. Mais le logiciel qui la fait tourner vit aussi ailleurs, sur des serveurs que la DINUM n'opère pas, pour des usagers qu'elle ne compte pas. Ce cas relève de ce que l'article appelle un commun de fait : une ressource logicielle dont plusieurs organisations indépendantes assurent chacune l'exploitation et une part de la maintenance, sur la base d'un code ouvert, sans règle collective explicite sur la répartition des coûts, des décisions et des responsabilités. Le commun de fait se distingue du commun institué, qui se dote d'une instance, d'un budget et de règles d'entrée.
Le titre joue sur ce double sens. Personne ne compte ce commun, au sens où aucun compteur consolidé n'additionne les instances. Et personne n'y compte, au sens où aucun acteur n'y est comptable de l'ensemble. La chronique « Le commun que l'État voudrait fabriquer », publiée ici le 13 juin 2026, examinait le projet d'une fabrique publique chargée de labelliser et de financer des communs depuis le centre. Démarches simplifiées offre le mouvement inverse : un commun qui s'est formé sans fabrique, à la périphérie, parmi ceux que la plateforme de l'État n'accueillait plus.
Sept compteurs publics, un seul raconté
Le logiciel expose par défaut une page de statistiques, et la plupart des instances tierces l'ont conservée. Leur lecture, le même 17 octobre 2026, dessine une géographie que la communication officielle ne montre pas.
Les instances en chiffres (compteurs publics consultés le 17 octobre 2026)
Mes-Démarches, instance de la Polynésie française opérée par la direction des talents et de l'innovation : 428 981 dossiers et 1 594 démarches. demarches.adullact.org, instance de l'ADULLACT pour ses adhérents : 398 131 dossiers et 2 756 démarches. Démarches sociales, instance de la direction du numérique des ministères sociaux : 260 972 dossiers. demarches-simplifiees.defense.gouv.fr : 41 135 dossiers. demarches-simplifiees.gouv.nc, portée par la Direction du numérique et de la modernisation de la Nouvelle-Calédonie : 3 569 dossiers et 97 démarches. demarches-hdf.fr, portée par un groupement d'acteurs des Hauts-de-France : 2 017 dossiers. Total des six instances tierces : 1 134 805 dossiers, soit 5,0 % des dossiers de la plateforme de l'État.
Ce total additionne des compteurs hétérogènes. Pour les ministères sociaux, la Défense et les Hauts-de-France, le chiffre provient du compteur de page d'accueil, et non de la page de statistiques. Or les deux compteurs peuvent diverger au sein d'une même instance : la page d'accueil administrateur de Mes-Démarches affiche 134 889 dossiers déposés, quand sa page de statistiques en affiche 428 981. L'ordre de grandeur reste néanmoins robuste. Plus d'un million de dossiers transitent hors de la plateforme de l'État par le même code.
Derrière ces chiffres se trouvent des trajectoires précises. Le Département du Loiret explique sur son site qu'après l'arrêt de sa solution de gestion de la relation usager en septembre 2022, il a opté pour demarches.adullact.org, par laquelle passent désormais ses demandes de subvention culturelle. L'instance des Hauts-de-France affiche dans son pied de page les logos de la Région, du fonds européen FEDER, de Somme Numérique, de La Fibre Numérique et des centres de gestion du Nord et du Pas-de-Calais. Chaque instance a ainsi son propre montage institutionnel et financier.
Le discours officiel, lui, ne raconte qu'un seul compteur. Le bilan 2025 de beta.gouv.fr, publié en avril 2026, range Démarche Numérique parmi ses produits emblématiques et cite sa réutilisation par un autre service de l'État, le Fonds Prévention Argile, comme exemple de mutualisation. Il ne donne en revanche aucun chiffre d'usage, aucun coût, et ne mentionne aucune instance tierce. La mutualisation célébrée est donc celle qui reste à l'intérieur de l'État. Dans le reste du périmètre consulté (page de statistiques de la plateforme, documentation officielle, fiche beta.gouv.fr du produit), les instances extérieures n'apparaissent pas davantage. La seule trace d'une reconnaissance se trouve dans l'organisation GitHub du service, qui héberge un dépôt présenté comme un espace de partage entre instances, et un autre comme l'espace partagé de leur communauté. Le premier ne comptait, à la date de consultation, ni étoile ni copie dérivée. L'existence de ces dépôts nuance l'idée d'une DINUM indifférente au réemploi. Elle montre plutôt une reconnaissance technique sans traduction dans la communication ni dans la mesure. La chronique « Mesurer les communs : l'Italie compte, la France non », publiée ici le 17 juin 2026, relevait déjà ce défaut de métrique, le cas présent en donne une illustration chiffrée.
L'histoire par l'usage fait apparaître des techniques créoles
Le dépôt de Mes-Démarches est explicitement déclaré comme un fork de celui de la DINUM, sous la même licence AGPL-3.0. Sa note de version du 5 octobre 2026 est instructive. Elle annonce des corrections propres à la Polynésie (formules de calcul dans les annotations privées, traduction de ces formules via un serveur d'API), puis l'intégration de la version du tronc commun publiée le 3 décembre 2025 et de celle du 8 décembre 2025. En octobre 2026, l'instance polynésienne absorbe donc des évolutions du tronc commun publiées dix mois plus tôt. La même note signale qu'une fonctionnalité nouvelle du tronc est intégrée mais désactivée par défaut. Le mainteneur de ces versions présente lui-même le projet, dans un dépôt personnel, comme une copie « tropicalisé (sic) » du site d'origine.
Les autres instances racontent la même histoire de maintenance. L'ADULLACT a publié, avec les développeurs du projet, un module d'automatisation de l'installation, en incitant les collectivités à déployer elles-mêmes le service à moindre coût. Le pied de page de l'instance des ministères sociaux affiche une mention de version datée du 15 avril 2024 et renvoie encore vers l'ancien dépôt de code du projet.
Technologie en usage et techniques créoles (David Edgerton, 2006 et 2007)
Dans The Shock of the Old: Technology and Global History since 1900 (Profile Books, 2006), l'historien britannique David Edgerton propose d'écrire l'histoire des techniques à partir de leur usage plutôt que de leur invention. Dans un article de 2007, il constate que « The vast majority of accounts of technology (academic and popular) conflate technology with technological novelty » (« La grande majorité des récits sur la technique, savants comme populaires, confondent la technique avec la nouveauté technique »), entendue comme invention, innovation ou créativité. Il définit une technique créole comme « one which finds a distinctive set of uses outside the time and place where it was first used on a significant scale » (« une technique qui trouve un ensemble d'usages distinctifs hors du temps et du lieu où elle a d'abord été utilisée à une échelle significative »), et ajoute que « most technologies in use are to varying extents creole » (« la plupart des techniques en usage sont créoles à des degrés divers »).
Le récit officiel de Démarches simplifiées est un récit d'innovation. La fiche beta.gouv.fr date le produit par son incubation, le présente comme service à impact national et le range parmi les réussites de l'approche start-up d'État. Ce récit est exact, mais il s'arrête au moment de l'invention. L'histoire par l'usage, au sens d'Edgerton, commence là où ce récit s'interrompt. Elle date Démarches simplifiées par ses instances, et non par son lancement. Elle s'intéresse à ce que les organisations ont fait du logiciel, et non à ce que ses concepteurs en attendaient.
Mes-Démarches est, dans ce cadre, une technique créole presque idéale. Le logiciel a été transplanté depuis Paris, adapté à un territoire dont l'organisation administrative diffère, enrichi de fonctions locales, et il intègre le tronc commun par lots, à son propre rythme. Edgerton insiste sur le fait que l'essentiel de l'activité technique consiste à faire fonctionner et à entretenir les choses, non à les inventer. Le décalage de dix mois entre le tronc et la branche polynésienne n'est donc pas une anomalie. C'est la signature ordinaire d'une technique en usage, que la mesure de l'innovation ne voit pas.
L'opérationnalisation a une conséquence directe pour l'analyse du commun. Un commun de fait n'est pas un logiciel partagé, c'est une maintenance partagée sans comptabilité commune. La question pertinente n'est plus de savoir si l'État sait produire un commun, mais qui paie l'entretien des créoles qu'il a engendrées.
Le chiffre de 50 % est un gabarit, pas une mesure
Une même phrase revient sur les instances consultées. La page d'accueil de la Défense, qui compte 41 135 dossiers, affiche « 50 % de réduction des délais de traitement ». Celle des ministères sociaux, qui en compte 260 972, affiche le même chiffre. Celles de l'instance des Hauts-de-France, qui en compte 2 017, et de l'ADULLACT aussi. La page administrateur de Mes-Démarches promet de réduire de moitié les temps d'instruction. Un chiffre identique, sur des instances dont les volumes varient d'un facteur supérieur à deux cents et les publics d'un océan à l'autre, n'est manifestement pas une mesure. C'est un élément de gabarit hérité du code source et repris tel quel par chaque fork.
Dans le périmètre consulté, aucune méthode de calcul de ce chiffre n'est publiée. Le paradoxe est que le logiciel sait mesurer, et que ce sont les instances tierces qui le montrent. Les pages de statistiques de Mes-Démarches et de l'ADULLACT publient la répartition des dossiers par état : 93,4 % sont terminés sur l'instance polynésienne, 77,9 % sur celle de l'ADULLACT, où 8,6 % sont en cours d'instruction. Selon la documentation officielle, un dossier n'atteint ce stade qu'une fois que le service compétent a statué, par une acceptation, un refus ou un classement sans suite. La page de statistiques de la plateforme de l'État, elle, ne publie pas cette répartition. Le compteur le plus regardé est donc le moins informatif.
Car un dossier déposé n'est pas un droit exercé. Même la catégorie des dossiers terminés confond les acceptations et les refus. Les variations sur trente jours appellent la même prudence. Le 17 octobre 2026, elles vont d'une hausse de 30 % sur la plateforme de l'État à une baisse de 11 % sur l'instance de l'ADULLACT et de 7 % sur Mes-Démarches. Sur l'instance des ministères sociaux, la hausse de 68 % coïncide avec le rattrapage de données consécutif à l'incident de septembre. Un indicateur qui varie en sens contraire selon l'instance, pour le même logiciel et la même saison, renseigne sur les calendriers administratifs locaux, pas sur l'efficacité de l'outil.
Susan Leigh Star, dans son texte de 1999 sur l'ethnographie des infrastructures, recommandait de situer le statut épistémologique des indicateurs. Appliquée ici, la consigne est simple. Le compteur de dépôts est un indicateur d'activité, pas d'effet. Le chiffre de 50 % est un énoncé promotionnel, pas un indicateur. Le discours officiel juxtapose les deux sur la même page, ce qui donne à l'énoncé l'autorité du compteur.
L'infrastructure ne se montre qu'en panne
En septembre 2026, les pages de l'instance des ministères sociaux ont porté un bandeau d'information. Daté du 21 septembre, il annonçait que le service avait été restauré après un incident, et que les créations de compte, réinitialisations de mot de passe et créations de dossiers effectuées du 8 au 16 septembre étaient en cours de rattrapage. Un second bandeau, daté du 6 octobre, indiquait que la restauration se poursuivait et que des explications détaillées seraient fournies une fois la récupération terminée. Le 17 octobre, ces bandeaux avaient disparu des pages publiques de l'instance, sans que les explications annoncées y figurent.
Star et Karen Ruhleder, dans leur article de 1996 consacré à un système d'information partagé par une communauté de biologistes, ont dégagé les propriétés de ce qu'ils nomment infrastructure. Star les reprend en 1999. Une infrastructure est construite sur une base installée, elle est apprise par l'appartenance à une communauté de pratique, et elle « becomes visible upon breakdown » (« devient visible lors de la panne »). Star ajoute une phrase qui résume le cas présent : « Nobody is really in charge of infrastructure » (« Personne n'est vraiment responsable de l'infrastructure »).
L'incident de septembre est, dans le périmètre consulté, le seul moment où l'instance sociale a parlé publiquement de son exploitation. Pendant neuf jours, des créations de compte et de dossiers n'ont pas été conservées normalement, sur une instance qui reçoit notamment les réclamations et signalements relatifs aux structures sanitaires et médico-sociales. Le cas montre que chaque instance porte seule son risque d'exploitation. Aucun registre public commun des incidents n'existe entre les instances, ni sur la plateforme de l'État ni dans les dépôts partagés consultés.
La même invisibilité vaut pour les coûts. La fiche beta.gouv.fr du produit, à sa rubrique consacrée à la transparence, indique que le budget et la matrice d'impact ne sont pas disponibles, et que l'analyse de risque manque. Elle affirme aussi que le service est gratuit pour les collectivités. Or l'ADULLACT expliquait dès février 2021 que la DINUM, ne souhaitant pas supporter la charge financière de toute la sphère publique, avait mis en place courant 2020 un modèle économique, l'accès étant restreint aux administrations de l'État et facturé aux ministères selon leur usage. La page officielle décrit donc un modèle économique abandonné depuis six ans, et ne publie pas celui qui l'a remplacé.
C'est ici que se loge l'angle mort du discours institutionnel. La restriction de 2020 est présentée, quand elle l'est, comme une mesure de soutenabilité budgétaire. Elle est aussi l'acte fondateur du commun de fait. En fermant la plateforme centrale aux collectivités, l'État a créé la demande à laquelle l'ADULLACT, puis d'autres, ont répondu par des instances propres. Le réemploi n'est pas le fruit d'une politique de communs, mais l'effet d'une exclusion. Personne n'est responsable de l'ensemble, parce que l'ensemble est né d'un renoncement à en être responsable.
Lutèce, ou le partage décrété qui n'a pas pris
Le précédent le plus proche, par sa structure, est celui de Lutèce. La Ville de Paris a lancé ce projet en 2001 pour fournir aux mairies d'arrondissement un outil de gestion de contenu. Selon son concepteur Pierre Levy, interrogé par InfoQ le 2 décembre 2013, dix-huit mairies d'arrondissement en étaient équipées en juin 2002, et les élus ont alors décidé de le reverser en logiciel libre : « Le but était clairement d'en faire profiter les autres collectivités, de manière à créer les conditions de partage et de mutualisation des développements au sein des administrations publiques. » Pierre Levy précisait dans le même entretien que la Ville gérait alors 180 sites et plus de 400 instances de Lutèce avec des effectifs très restreints.
Le partage, en revanche, n'a pas suivi. Le Labo Société numérique, rattaché à l'Agence nationale de la cohésion des territoires, relève que l'utilisation restreinte de Lutèce par d'autres collectivités a conduit la Ville de Paris à clarifier son offre, en distinguant le moteur Lutèce de CitéLibre, une suite de services prêts à l'emploi présentée en juin 2022.
La comparaison éclaire le cas présent par contraste. Lutèce a été offert au partage, avec une intention politique et un reversement délibéré, et il a peu circulé. Démarches simplifiées a été retiré aux collectivités, et il a circulé. La différence ne tient pas à la licence, libre dans les deux cas, mais à la forme du produit. Lutèce était un cadre de développement qui exigeait des développeurs. Démarches simplifiées était un service déjà éprouvé par des millions de dépôts, que des organisations privées de l'accès central avaient intérêt à reproduire à l'identique. Un commun de fait naît plus facilement d'un service dont on a été privé que d'un outil qu'on vous propose. Un parallèle plus bref se trouve dans la même organisation GitHub du gouvernement polynésien, qui héberge aussi une adaptation locale d'OpenFisca, le moteur de calcul socio-fiscal ouvert issu de l'administration française.
Ce que le compteur ne dira pas
Le titre annonçait un commun que personne ne compte. Le cas montre que ce double défaut de compte, statistique et comptable, n'est pas un oubli mais une condition de la réussite silencieuse. Les instances tierces ont pu se multiplier parce qu'aucune instance centrale ne les régentait. Elles restent fragiles pour la même raison. L'histoire par l'usage, au sens d'Edgerton, fait apparaître des techniques créoles qui vivent de maintenance locale, et la théorie des infrastructures de Star et Ruhleder rappelle que ce travail ne devient visible qu'au moment de la panne.
Cette lecture conduit à une hypothèse vérifiable. Tant qu'aucun dispositif ne consolide les compteurs et les coûts des instances, le commun restera un commun de fait, c'est-à-dire une somme de maintenances séparées. Trois indicateurs publics permettront de la tester au 31 octobre 2027. Le premier est la rubrique consacrée à la transparence sur la fiche beta.gouv.fr du produit, qui affichera ou non un budget. Le deuxième est le dépôt de partage entre instances hébergé par la DINUM, qui contiendra ou non une liste publique des instances et de leurs compteurs. Le troisième est l'écart entre les notes de version de Mes-Démarches et celles du tronc commun, qui restera ou non supérieur à six mois. Si les trois indicateurs restent inchangés, l'hypothèse sera confirmée. Si l'un d'eux bouge, l'État aura commencé à compter ce qu'il partage, ce qui est la première étape pour en devenir comptable.
Note méthodologique
Les chiffres proviennent des compteurs publics des sept instances, consultés le 17 octobre 2026, de la documentation officielle, de la fiche beta.gouv.fr, du bilan 2025 de beta.gouv.fr, des dépôts GitHub et du communiqué de l'ADULLACT de février 2021. Pour Mes-Démarches, la page de statistiques (428 981 dossiers) a été préférée au compteur de page d'accueil administrateur (134 889), divergence non expliquée par l'opérateur. Les affirmations d'absence (mention des instances tierces, méthode du chiffre de 50 %, registre d'incidents, budget) valent pour les pages citées, à la date du 17 octobre 2026. L'application de la notion de technique créole, forgée pour l'histoire mondiale des techniques, à un logiciel administratif est un choix d'interprétation de l'auteur. Recherche de sources, croisement des données et structuration du raisonnement s'appuient sur une assistance par intelligence artificielle. Le choix de l'angle et du cadre théorique, la vérification des sources, les arbitrages et l'établissement du texte final relèvent de l'auteur.
image générée par IA (ChatGPT Images 2.5)
Sources
Sources primaires institutionnelles
- DINUM, « Statistiques d'utilisation de la plateforme », demarche.numerique.gouv.fr, consulté le 17 octobre 2026, https://demarche.numerique.gouv.fr/stats
- DINUM, « Généralités », documentation de demarche.numerique.gouv.fr, consulté le 17 octobre 2026, https://doc.demarche.numerique.gouv.fr/
- DINUM, « Tutoriel usager », documentation de demarche.numerique.gouv.fr, consulté le 17 octobre 2026, https://doc.demarche.numerique.gouv.fr/tutoriels/tutoriel-usager
- beta.gouv.fr, « Démarche Numérique », fiche produit, consulté le 17 octobre 2026, https://beta.gouv.fr/startups/demarches-simplifiees.fr.html
- beta.gouv.fr, « Bilan 2025 », données au 15 janvier 2026, publié en avril 2026, consulté le 17 octobre 2026, https://beta.gouv.fr/content/docs/betagouv_bilan_2025.pdf
- Direction des talents et de l'innovation de la Polynésie française, « Statistiques · Mes-Démarches », consulté le 17 octobre 2026, https://www.mes-demarches.gov.pf/stats
- Direction des talents et de l'innovation de la Polynésie française, « Mes-Démarches », page administrateurs, consulté le 17 octobre 2026, https://www.mes-demarches.gov.pf/administration
- ADULLACT, « Statistiques d'utilisation de la plateforme », demarches.adullact.org, consulté le 17 octobre 2026, https://demarches.adullact.org/stats
- DNUM des ministères sociaux, « Dématérialisation des Démarches Sociales en chiffres », page d'accueil, consulté le 17 octobre 2026, https://demat.social.gouv.fr/
- DNUM des ministères sociaux, « Santé et social : faire une réclamation ou un signalement », bandeau d'information daté du 21 septembre 2026, https://demat.social.gouv.fr/commencer/sante-social-signaler
- DNUM des ministères sociaux, « Création de compte sur Dématérialisation des Démarches Sociales », bandeau d'information daté du 6 octobre 2026, https://demat.social.gouv.fr/users/sign_up
- Direction du numérique et de la modernisation de la Nouvelle-Calédonie, « Statistiques · demarches-simplifiees.gouv.nc », consulté le 17 octobre 2026, https://demarches-simplifiees.gouv.nc/stats
- Ministère des Armées, « demarches-simplifiees.defense.gouv.fr en chiffres », page d'accueil, consulté le 17 octobre 2026, https://demarches-simplifiees.defense.gouv.fr/
- demarches-hdf.fr, « demarches-hdf.fr en chiffres », page d'accueil, consulté le 17 octobre 2026, https://demarches-hdf.fr/
- Département du Loiret, « Comment utiliser l'espace usager et comment retrouver son mot de passe oublié ? », consulté le 17 octobre 2026, https://www.loiret.fr/faq/comment-utiliser-lespace-usager-et-comment-retrouver-son-mot-de-passe-oublie
- Département du Loiret, « Vos démarches en ligne », consulté le 17 octobre 2026, https://www.loiret.fr/les-services/vos-demarches-en-ligne
- ADULLACT, « Le nouveau service Démarches Simplifiées est opérationnel », 25 février 2021, https://adullact.org/presse/communication/68-actualite/vie-associative/958-le-nouveau-service-demarches-simplifiees-est-operationnel
Dépôts de code
- DINUM, organisation GitHub « demarche.numerique.gouv.fr », consulté le 17 octobre 2026, https://github.com/demarche-numerique
- Gouvernement de la Polynésie française, « Release 05 octobre 2026 », dépôt govpf/mes-demarches, publiée le 6 octobre 2026, https://github.com/govpf/mes-demarches/releases/tag/pf-2026-10-05
- Gouvernement de la Polynésie française, organisation GitHub « govpf », consulté le 17 octobre 2026, https://github.com/govpf
- maatinito, « mes-demarches », README du dépôt, consulté le 17 octobre 2026, https://github.com/maatinito/mes-demarches
- ADULLACT, « demarches-simplifiees.fr », fork du dépôt de la DINUM, consulté le 17 octobre 2026, https://github.com/adullact/demarches-simplifiees.fr
Cadres théoriques
- David Edgerton, The Shock of the Old: Technology and Global History since 1900, Londres, Profile Books, 2006.
- David Edgerton, « Creole technologies and global histories: rethinking how things travel in space and time », HoST, Journal of History of Science and Technology, vol. 1, été 2007, p. 75 à 112, consulté le 17 octobre 2026, http://www.johost.eu/vol1_summer_2007/host_vol1_david_edgerton.pdf
- Susan Leigh Star et Karen Ruhleder, « Steps Toward an Ecology of Infrastructure: Design and Access for Large Information Spaces », Information Systems Research, vol. 7, n° 1, 1er mars 1996, p. 111 à 134, https://pubsonline.informs.org/doi/10.1287/isre.7.1.111
- Susan Leigh Star, « The Ethnography of Infrastructure », American Behavioral Scientist, vol. 43, n° 3, novembre-décembre 1999, p. 377 à 391, consulté le 17 octobre 2026, https://ics.uci.edu/~wscacchi/GameLab/Recommended%20Readings/ethnography-infrastructure-Star-1999.pdf
Parallèle historique
- Pierre Queinnec, « Discussion autour de Lutece avec Pierre Levy », InfoQ, 2 décembre 2013, https://www.infoq.com/fr/articles/lutece-cms-avec-pierre-levy/
- Labo Société numérique (ANCT), « De Lutèce à CitéLibre : la ville de Paris propose une suite de logiciels libres destinée aux collectivités », consulté le 17 octobre 2026, https://labo.societenumerique.gouv.fr/fr/articles/de-lut%C3%A8ce-%C3%A0-cit%C3%A9libre-la-ville-de-paris-propose-une-suite-de-logiciels-libres-destin%C3%A9e-aux-collectivit%C3%A9s/
Chroniques liées
- elegartech, « Le commun que l'État voudrait fabriquer », 13 juin 2026, https://elegartech.fr/articles/le-commun-que-l-etat-voudrait-fabriquer
- elegartech, « Mesurer les communs : l'Italie compte, la France non », 17 juin 2026, https://elegartech.fr/articles/mesurer-les-communs-l-italie-compte-la-france-non