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Une pile de feuilles et un tampon chargent un engrenage ancien rafistolé, tandis qu’un engrenage neuf attend à côté.

Action publique · · 17 min

Sécurité sociale : le Parlement vote, le SI paie la facture

Entre 2014 et 2025, la CNAF a absorbé 210 mesures nouvelles, soit en moyenne une toutes les trois semaines, et la Cour des comptes établit que ce flux retarde la refonte de systèmes d'information conçus dans les années 1990. Chaque réforme est votée comme si son implantation était gratuite, alors que son coût se règle ailleurs et plus tard, dans le patrimoine applicatif des caisses et dans les délais des assurés. Le budget 2027 ajoute de nouvelles mesures paramétriques tout en annonçant 1 000 suppressions de postes dans les caisses. L'article lit cette tension avec Christopher Pollitt, pour qui l'action publique gouverne toujours avec un passé que le calendrier politique préfère ignorer.

Par Alexandre Berge · Chronique

Une mesure toutes les trois semaines, une refonte toujours repoussée

Le rapport de la Cour des comptes sur l'application des lois de financement de la sécurité sociale, publié le 27 mai 2026, consacre son chapitre XI à « La fréquence des réformes à la CNAF et à la CNAV : un défi pour la mise en œuvre et la qualité de service ». Hors revalorisations annuelles, 64 mesures à la CNAV et 210 à la CNAF ont créé ou modifié des règles de calcul ou d'attribution de prestations entre 2014 et 2025. À la CNAF, 17 réformes ont eu des conséquences importantes, des aides au logement en 2021 à la solidarité à la source en 2025. La cadence s'établit à 18 mesures par an, « soit une mesure en moyenne toutes les trois semaines », avec un point haut de 30 mesures en 2021. À la CNAV, les mesures sont moins fréquentes mais groupées : 22 pour la réforme des retraites de 2014, 29 pour celle de 2023.

Ces règles s'exécutent sur des systèmes anciens. Cristal, l'applicatif central de la CNAF, a été déployé en 1998 dans un langage devenu obsolète. L'Outil retraite de la CNAV, conçu dans les années 1990, date de 2003. Quand ces applicatifs ne peuvent pas absorber une mesure, les caisses la traitent à côté. La Cour recense 27 « calculatrices » sous Excel à la CNAV et 37 à la CNAF, dont les résultats sont ensuite reportés manuellement dans le système central. En avril 2025, 12 des 36 mesures de la réforme des retraites de 2023 n'étaient pas intégrées dans l'Outil retraite et relevaient de traitements manuels ou de contournements informatiques.

Le passage décisif du chapitre porte sur l'arbitrage des capacités. Les réformes mobilisent environ la moitié des capacités informatiques allouées à la modernisation des systèmes d'information. À la CNAV, la réforme de 2023 a conduit à reporter une centaine de projets. La Cour en tire une boucle que tout responsable de SI public reconnaîtra : la fréquence des réformes « retarde la modernisation des systèmes d'information et augmente la dette technique, qui elle-même ralentit la mise en œuvre des réformes ». La dette technique (le surcoût futur créé par des solutions provisoires qui devront un jour être reprises) n'est pas ici une image d'analyste. Le terme figure dans le rapport à propos des 30 M€ que la CNAV estime pouvoir consacrer à sa réduction entre 2023 et 2027, et la Cour précise qu'aucune des deux caisses ne sait estimer le coût de sa résorption complète.

La facture du titre comporte donc trois lignes, toutes documentées. Le coût d'implantation de chaque réforme, d'abord, fait de développements informatiques, d'assistance à maîtrise d'ouvrage et de renforts temporaires. Le surcoût de gestion durable, ensuite, quand une prestation nouvelle exige des agents supplémentaires. La dette technique, enfin, qui ne figure dans aucun budget de réforme parce qu'elle se paie en refontes différées. La loi fixe la règle, le système d'information acquitte les trois lignes.

Le temps de la décision n'est pas celui des systèmes

Selon la CNAF, une réforme d'envergure nécessite dix-huit mois entre la décision et son application. Ce délai n'a été respecté que pour 5 des 17 réformes d'envergure de la CNAF entre 2015 et 2025. La réforme des retraites promulguée le 14 avril 2023 prévoyait une entrée en vigueur au 1er septembre, quatre mois et demi plus tard, avec des décrets d'application échelonnés pendant l'été. L'aide universelle d'urgence aux victimes de violences conjugales est entrée en vigueur quatre jours après la publication de son décret. La Cour rappelle la distinction technique qui commande ces délais. Une évolution dite paramétrique change la valeur d'un paramètre d'une règle existante et peut être réalisée rapidement. Une évolution dite spécifique crée ou modifie substantiellement une règle de gestion, et son développement et ses tests peuvent durer jusqu'à dix-huit mois.

La réforme des aides au logement de 2021 montre ce qui se produit quand les deux horloges entrent en collision. Il s'agissait de calculer les aides de 5,8 millions d'allocataires à partir des ressources des douze derniers mois, collectées par un dispositif de ressources mensuelles à peine lancé. Craignant que Cristal ne puisse absorber la réforme, la CNAF a confié le calcul des droits à un nouveau système d'information et laissé le paiement dans l'ancien. Les problèmes d'interface entre les deux ont provoqué des retards et des erreurs de liquidation pendant près de dix-huit mois. La Cour note que la recherche des économies attendues (1,3 Md€ par an) a conduit à appliquer la réforme alors que des anomalies subsistaient après plusieurs reports. Le stock de dossiers en attente dans les CAF a atteint un record de 5,5 millions à l'automne 2022. Depuis, la CNAF « peine à reprendre ses travaux » de refonte, et les orientations de sa nouvelle stratégie informatique n'étaient toujours pas arrêtées au moment de l'enquête.

Gouverner avec le passé (Christopher Pollitt, 2008)

Dans Time, Policy, Management: Governing with the Past (Oxford University Press, 2008), Christopher Pollitt soutient que le temps est une dimension essentielle mais fréquemment négligée des politiques et de la gestion publiques. L'influence du passé ne tient pas seulement aux investissements irrécupérables comme les bâtiments. Elle passe aussi par les lois, les relations politiques héritées, les systèmes de gestion hérités et les normes culturelles. Le passé, écrit-il, « cannot be dismissed or discarded, it must be acknowledged and negotiated with » (ne peut être ni écarté ni jeté, il doit être reconnu et négocié). Pollitt mobilise pour l'analyser la dépendance au sentier (le poids des choix antérieurs sur l'éventail des options présentes) et rappelle que l'avenir ne se précipite pas, certaines choses prenant leur temps.

Le cadre de Pollitt nomme ce que les faits décrivent. Deux temporalités coexistent sans instrument de traduction. Le temps de la décision est rythmé par l'exercice budgétaire, la recherche d'économies et les échéances électorales. Le temps des systèmes est fait de cycles de développement, de tests, de versions et de reprises de données. Pollitt consacre un passage précis aux legacy systems (systèmes hérités), qu'il décrit comme des « large outdated computer systems which had become so embedded in their organizations that replacement threatened not only high expenditures but widespread changes in working practices and standard operating procedures » (grands systèmes informatiques obsolètes, si profondément enracinés dans leurs organisations que leur remplacement menaçait non seulement d'entraîner de lourdes dépenses, mais aussi de bouleverser les pratiques de travail et les procédures). Il les évoque à propos des contrats informatiques géants que plusieurs gouvernements ont passés pour des fonctions comme la fiscalité, la sécurité sociale ou la santé, et dont ils ont ensuite eu le plus grand mal à se dégager.

L'opérationnalisation sur le cas tient en un mécanisme de dépendance au sentier. Chaque mesure implantée dans Cristal ou dans l'Outil retraite, y compris par contournement, accroît le stock de règles qu'une refonte devra reprendre, donc le coût de sortie du système existant. Plus le flux de réformes est dense, plus la refonte devient chère, et plus elle est chère, plus elle est repoussée au profit de la mesure suivante. L'épisode de 2021 illustre l'autre face du problème. Tenter de changer d'architecture au moment même où une réforme lourde doit entrer en vigueur revient à gouverner contre le passé plutôt qu'avec lui, alors que Pollitt formule la règle inverse à l'usage des décideurs : « govern with the past, not against it » (gouverner avec le passé, non contre lui).

La facture existe, mais elle arrive après le vote

Ce qu'ont coûté onze grandes réformes (Cour des comptes, 2026)

196,3 M€ d'implantation pour sept grandes réformes gérées par la CNAF, dont 97,3 M€ pour les seules aides au logement de 2021. 87,7 M€ pour quatre réformes gérées par la CNAV, dont 46,5 M€ pour les retraites de 2023. S'y ajoutent, à la CNAF, 154,3 M€ de surcoût annuel de gestion, correspondant à 3 400 équivalents temps plein. Ces montants sont des calculs de la Cour à partir des données des caisses.

Ces montants n'existent sous forme consolidée que dans le rapport de la Cour. Le chapitre est explicite : le pilotage de ces coûts « n'est une priorité ni pour la CNAF ni pour la CNAV », et seules des estimations prévisionnelles ont été établies. La Cour estime en outre à 1 250 équivalents temps plein à la CNAV et 2 400 à la CNAF les agents affectés à des tâches récurrentes mais mobilisés lors de chaque mesure nouvelle, sans pouvoir mesurer la part de leur activité consacrée aux réformes.

Le titre de l'article simplifie à dessein une chaîne plus longue. Les réformes sont, selon la Cour, issues d'initiatives gouvernementales et, ponctuellement, d'amendements parlementaires. Les réformes intervenues après la signature des conventions d'objectifs et de gestion (COG, les contrats quinquennaux qui fixent objectifs et moyens des caisses), souvent adoptées par amendement comme la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé, n'ont d'ailleurs pas pu y être intégrées. Mais toutes passent par le vote, et l'instrument censé éclairer ce vote est l'étude d'impact. Sur ce point, le constat de la Cour est sans ambiguïté : « Les études d'impact des projets de loi rendent insuffisamment compte de la faisabilité informatique et opérationnelle des réformes d'envergure présentées par le Gouvernement, alors qu'elle est une condition essentielle de leur réussite. » Sa recommandation 33 en tire la conséquence en demandant d'établir chaque année, dès 2027, à destination du Parlement, un bilan de la mise en œuvre des mesures nouvelles gérées par les deux caisses, sur les plans opérationnels et des coûts de gestion. Le corps du chapitre précise que ce bilan prendrait la forme d'un ajout à l'annexe 6 du projet de loi d'approbation des comptes de la sécurité sociale.

C'est ici que se loge le non-dit. Dans leur réponse commune publiée avec le rapport, les ministres chargés des comptes publics, du travail et de la santé estiment que cette recommandation est « déjà largement couverte par l'annexe 6 » du projet de loi d'approbation des comptes, laquelle présente chaque année les résultats et objectifs opérationnels des principaux organismes et s'appuie sur le bilan annuel des COG. La réponse confond deux objets distincts. L'annexe 6 mesure la performance d'un opérateur au regard de ses objectifs. La recommandation demande ce qu'une décision publique a coûté à cet opérateur, mesure par mesure. Dans le premier cadre, un retard de traitement après une réforme apparaît comme une contre-performance de la caisse. Dans le second, il apparaîtrait comme un coût de la réforme. La réponse ministérielle réabsorbe le coût de la décision dans la performance de l'exécutant. Les caisses, elles, prennent une position plus nuancée. La CNAF juge la recommandation « intéressante », sous réserve de disposer des moyens de distinguer ce qui relève d'une réforme et ce qui relève d'une gestion pérenne, et se dit favorable à une sanctuarisation des moyens informatiques à condition qu'elle ne s'opère pas au détriment d'autres lignes budgétaires. La CNAV indique ne pas avoir de remarque sur le chapitre.

La demande n'est pas neuve. En 2012 déjà, selon une question écrite publiée au Journal officiel du 25 septembre 2012, la Cour recommandait de « solliciter systématiquement en amont l'avis de la CNAF sur la faisabilité technique » des évolutions législatives et réglementaires, et la réponse ministérielle de 2013 ne prenait aucun engagement explicite sur ce point.

Le budget 2027 célèbre la vitesse et retranche des postes

Le dossier de presse du budget 2027, daté du 1er octobre 2026, jour du dépôt du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) à l'Assemblée nationale sous le numéro 3211, éclaire la manière dont le discours budgétaire traite ce sujet. Il ajoute d'abord des mesures. Pour les pensions dont le montant total, base et complémentaire, dépasse 1 260 euros, le Gouvernement pourrait fixer par voie réglementaire un taux d'indexation inférieur à l'inflation, éventuellement « plus progressif en mobilisant deux seuils de revalorisation (1 260 euros et 2 000 euros) ». La majoration de pension pour enfants deviendrait un montant forfaitaire pour les pensions liquidées à compter du 1er juillet 2027.

Lue depuis le système d'information, aucune de ces lignes n'est neutre, et la première rejoint un précédent documenté. Une indexation fondée sur le montant total des pensions suppose de connaître, pour chaque retraité, les droits servis par l'ensemble de ses régimes. C'est précisément la donnée que la Cour a trouvée difficile à mobiliser pour la majoration exceptionnelle des petites pensions de 2023, faute d'un échange inter-régimes alimenté régulièrement, au point que la CNAV l'a versée en plusieurs vagues entre septembre 2023 et octobre 2025 à près de 1 300 000 retraités, avec des trop-versés.

Dossier de presse « Budget 2027 », partie consacrée au PLFSS

« La mesure, imposée par les contraintes actuelles, sera toutefois réversible : le Gouvernement sera juridiquement en situation après les élections de 2027 de revenir sur les niveaux d'indexation retenus au-dessus de 1 260 euros, par simple décret. »

La phrase inscrit le calendrier électoral dans la mesure elle-même. Pour le décideur, la réversibilité coûte un décret. Pour la caisse, chaque état possible de la règle est une version à développer, à tester, à déployer et, le cas échéant, à appliquer rétroactivement. La différence de temporalité décrite par Pollitt cesse ici d'être un effet involontaire. Elle devient un argument de présentation.

Le même document valorise la vitesse d'exécution comme une performance. À propos du congé supplémentaire de naissance, il souligne que ce droit nouveau a été mis en place « en moins de sept mois » pour tous les régimes, et affirme : « Aucune prestation de cette ampleur n'a été lancée avec aussi peu de délai. » La norme de dix-huit mois avancée par la CNAF devant la Cour n'y figure pas, pas plus que ce que ce délai a coûté au patrimoine applicatif. Le discours institutionnel compte le délai tenu, jamais la dette éventuellement laissée derrière lui.

Le document retranche ensuite des moyens. Dans la présentation générale du projet de loi de finances, il annonce que « les caisses de sécurité sociale porteront un effort de 1 000 suppressions de postes au total », tout en renforçant leurs capacités de lutte contre la fraude et la menace cyber de 100 équivalents temps plein, sans préciser la répartition entre branches. Un autre passage affirme que les moyens des caisses « continueront à monter en charge, tant sur le plan des effectifs que sur celui des systèmes d'information », et fait état d'un investissement de l'ordre de 1 Md€ sur les systèmes d'information sur la période 2023-2027. Ce passage figure toutefois sous l'intitulé consacré à la lutte contre toutes les fraudes, et les seuls usages nommés de ces moyens sont la fraude et le cyber. La Cour rappelait pourtant que les COG 2023-2027 avaient interrompu la baisse des effectifs, avec des hausses temporaires de 300 équivalents temps plein en 2023 et de 200 en 2024 à la CNAV, et de plus de 700 sur la durée de la convention à la CNAF, au titre notamment des réformes, et que cette inflexion avait contribué à un climat social apaisé malgré la pression des réformes. Dans les 147 pages du dossier de presse, la modernisation informatique est mise en avant pour plusieurs administrations de l'État, dont la DGFiP et son schéma directeur, alors que les systèmes d'information des caisses n'apparaissent que dans la partie consacrée à la lutte contre la fraude, y compris la hausse de 40 % du budget informatique prévue par la nouvelle COG de la mutualité sociale agricole. Le flux de mesures augmente, la capacité humaine qui l'absorbe diminue, et l'argent du SI est présenté comme un outil de contrôle, non comme une capacité de réforme.

Ailleurs, l'organe d'audit a transformé la dette en indicateur

Le parallèle le plus proche structurellement vient des États-Unis, où l'assurance chômage est servie par les États sur leurs propres systèmes. Le Government Accountability Office (GAO, l'organe d'audit du Congrès) a examiné en 2023 la modernisation informatique de huit d'entre eux, au sortir de la pandémie. Les systèmes hérités à remplacer avaient entre 7 et environ 50 ans, et six des huit États avaient encore, en février 2023, un projet de modernisation en cours. Selon les données du ministère fédéral du Travail citées par le GAO, environ 878 milliards de dollars de prestations ont été versés entre avril 2020 et septembre 2022, tous programmes confondus.

La proximité avec le cas français tient à deux traits. Un opérateur distinct du décideur exécute les règles sur un patrimoine applicatif ancien. Le coût de cet héritage n'apparaît pas dans la règle elle-même, mais dans des programmes de modernisation longs et inachevés. La différence tient à la réponse de l'organe de contrôle. Le GAO a recommandé au ministère du Travail de définir des standards de modernisation informatique pour les États, puis de mesurer leurs progrès au regard de ces standards. Le ministère a publié en décembre 2024 des standards et indicateurs, dont l'usage restait toutefois facultatif pour les États, et la mesure de leur performance demeurait une recommandation ouverte. L'instrument est modeste, mais il rend la dette visible dans le temps long.

La facture restera hors du vote

Le titre de cet article posait une asymétrie : le Parlement vote, le système d'information paie la facture. Le cadre de Pollitt permet d'en faire une prévision plutôt qu'une plainte. Tant que le temps de la décision et celui des systèmes ne disposent d'aucun instrument de traduction, ni étude d'impact chiffrant la faisabilité informatique, ni bilan des coûts mesure par mesure, la facture continuera d'arriver après le vote, réglée en dette technique, en calculatrices hors système et en délais pour les assurés.

L'hypothèse est donc la suivante. L'annexe 6 du projet de loi d'approbation des comptes de la sécurité sociale pour l'exercice 2026, que le Gouvernement doit déposer avant le 1er juin 2027, ne comportera pas de bilan identifiant, mesure par mesure, les conditions de mise en œuvre et les coûts de gestion des mesures nouvelles gérées par la CNAF et la CNAV. L'indicateur est accessible à tout lecteur sans information interne : la présence ou l'absence, dans cette annexe publiée avec le projet de loi, d'une rubrique chiffrant les coûts d'implantation par réforme. L'horizon de vérification est fixé au 30 juin 2027.

Un second test, à plus long terme, porte sur le stock plutôt que sur le flux. La recommandation 35 de la Cour demande de sécuriser, dès 2027, une partie des moyens informatiques des deux caisses pour réduire leur obsolescence. Si la COG 2028-2032 de la CNAF, lors de sa publication, comporte une enveloppe de modernisation explicitement protégée des mesures nouvelles, l'hypothèse sera infirmée sur son versant le plus structurel. L'horizon retenu est le 31 décembre 2028. Dans le cas contraire, la prochaine réforme paramétrique sera de nouveau votée comme si son implantation était gratuite, et Cristal, déployé en 1998, continuera de porter la mémoire matérielle de toutes celles qui l'ont précédée. Gouverner avec le passé, au sens de Pollitt, supposerait d'abord d'en connaître le prix au moment du vote.

Note méthodologique

L'analyse repose sur le chapitre XI du rapport de la Cour des comptes du 27 mai 2026, sur les réponses des ministres et des caisses publiées le même jour et sur l'intégralité du dossier de presse « Budget 2027 ». La date de Cristal retenue est celle de la Cour (1998), la réponse de la CNAF évoquant un système « opérationnel depuis 30 ans ». Le dossier de presse ne portant pas de date imprimée, la date retenue est celle de ses propriétés de document, qui coïncide avec le dépôt du PLFSS. Les affirmations d'absence portent sur ce dossier de presse et sur la réponse ministérielle, consultés le 17 octobre 2026. La décomposition de la facture en trois lignes, le rapprochement entre l'indexation à seuils et les difficultés de la majoration des petites pensions, et la lecture de l'annexe 6 comme instrument de performance plutôt que de coût sont des choix d'interprétation de l'auteur. Recherche de sources, croisement des données et structuration du raisonnement s'appuient sur une assistance par intelligence artificielle. Le choix de l'angle et du cadre théorique, la vérification des sources, les arbitrages et l'établissement du texte final relèvent de l'auteur.

image générée par IA (ChatGPT Images 2.5)

Sources

Sources primaires institutionnelles

Rapports officiels

Cadre théorique

Parallèle comparé

  • U.S. Government Accountability Office, « Unemployment Insurance: DOL Needs to Further Help States Overcome IT Modernization Challenges », GAO-23-105478, 10 juillet 2023, https://www.gao.gov/products/gao-23-105478

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