Souveraineté numérique : le sprint contre les verrous
Le 8 avril 2026, le Premier ministre, David Amiel (ministre de l'Action et des Comptes publics) et Anne Le Hénanff (ministre déléguée au Numérique) ont réuni DINUM, DGE, ANSSI, DAE, ministères, opérateurs publics et industriels pour cartographier et réduire les dépendances numériques extra-européennes. Le geste le plus symbolique est la sortie annoncée de Windows au profit d'un socle Linux sur les postes de la DINUM elle-même. Chaque ministère doit remettre « d'ici l'automne » un plan couvrant sept axes, du poste de travail aux équipements réseau. La tension analytique tient en une phrase : un calendrier politique de sprint est posé sur un objet technique dont les verrous se comptent en décennies. C'est la matière même de ce que les économistes appellent la path dependency, théorisée par Paul David (1985) et W. Brian Arthur (1989). Le séminaire du 8 avril n'est pas d'abord un plan de migration, c'est un acte politique dont l'exécution bute sur un mur empirique documenté.

Un sprint à trois étages
L'annonce du 8 avril superpose trois temporalités resserrées. La DINUM migre d'abord ses propres postes (234 agents selon Next.ink, arrondis à environ 250 dans d'autres reprises) vers un socle Linux souverain dont la distribution n'est pas officiellement nommée, mais que plusieurs sources techniques identifient au projet interne Sécurix (système basé sur NixOS, dépôt public cloud-gouv/securix, phase alpha). Le communiqué de la DINUM parle d'un périmètre « modeste mais exemplaire ». Chaque ministère et chaque opérateur doit ensuite remettre, avant l'automne 2026, un plan de réduction des dépendances sur sept axes : postes de travail, outils collaboratifs, antivirus, plateformes d'IA, bases de données, virtualisation, équipements réseau (le communiqué officiel ne mentionne pas la téléphonie comme huitième axe, reformulation journalistique introduite par la presse spécialisée). Enfin, le cadre plus général fixé par le communiqué du 26 janvier 2026 sur la généralisation de Visio parle d'un horizon 2027 pour équiper 2,5 millions d'agents de la fonction publique d'État en outils souverains.
Cette trajectoire politique est lisible comme l'ouverture d'une fenêtre d'opportunité au sens où John Kingdon l'a formalisée dans Agendas, Alternatives, and Public Policies (1984). Trois flux convergent. Le flux des problèmes voit la dépendance aux éditeurs américains passer d'hypothèse doctrinale à risque activable, documenté par les sanctions américaines prises en février 2025 contre le procureur de la Cour pénale internationale Karim Khan (avec blocage de son accès à ses services Microsoft, point dont les causes exactes restent contestées entre Microsoft et les comptes-rendus d'AP et du Volkskrant), par l'audition sous serment d'Anton Carniaux (Microsoft France) devant le Sénat le 10 juin 2025 où il reconnaît l'impossibilité de garantir que des données publiques françaises échappent au CLOUD Act de 2018, et par le rapport de la Cour des comptes du 31 octobre 2025. Le flux des politiques publiques voit mûrir des alternatives : 103 000 postes GendBuntu à la Gendarmerie, Tchap, La Suite numérique, OpenDesk en Allemagne, le Cloud Sovereignty Framework européen publié par la Commission le 20 octobre 2025. Le flux politique voit enfin s'aligner l'administration Trump II, la crise groenlandaise et une coalition d'États membres favorables à la souveraineté logicielle (Pays-Bas, Danemark, Allemagne du Nord). La fenêtre est ouverte. Elle ne l'était pas quand la doctrine « cloud au centre » a été formulée en 2018.
Ce que la théorie du verrouillage nous apprend du cas
Le concept de path dependency désigne le fait que certains choix technologiques, une fois installés, produisent des rendements croissants d'adoption qui rendent leur substitution progressivement plus coûteuse, indépendamment de la qualité intrinsèque de l'alternative. Paul David l'a illustré par le clavier QWERTY, dont la persistance ne s'explique pas par son efficacité dactylographique mais par l'investissement accumulé des utilisateurs, des fabricants et des pédagogues. W. Brian Arthur a formalisé le mécanisme plus général : une économie peut se retrouver « verrouillée » sur un sentier technologique par des événements historiques, sans que ce sentier soit efficient, ni prévisible à partir des seules fonctions d'offre et de demande. Paul Klemperer (1987), puis Carl Shapiro et Hal Varian dans Information Rules (1999) ont prolongé l'analyse par les coûts de commutation (switching costs) : dans les industries de l'information, la position acquise d'un fournisseur génère une rente durable, que seul un changement de régulation ou un choc externe peut rompre.
Path dependency (P. David, 1985, et W. B. Arthur, 1989) : séquence de changements économiques dans laquelle le résultat final est durablement influencé par des événements historiques temporellement éloignés, parfois liés au hasard, plutôt que par les seules forces systématiques d'offre et de demande. Une technologie peut se verrouiller sur un sentier inefficient que les mécanismes de marché ne suffisent pas à corriger.
Appliquée au poste de travail administratif français, la grille est redoutable. Active Directory, Exchange, Teams, SharePoint, SQL Server, Office avec ses macros VBA et ses intégrations métiers, sans compter les applications spécialisées Windows-only développées par des dizaines de directions métier, ne forment pas un empilement de briques indépendantes. C'est un écosystème dont chaque composant renforce les autres. Chaque GPO déployée sur Active Directory, chaque macro VBA institutionnelle, chaque formulaire SharePoint, chaque flux Power Automate, chaque document .docx avec ses styles et ses champs liés, fait croître le coût de sortie sans que personne ne l'ait explicitement arbitré. C'est la signature même du verrouillage au sens d'Arthur : il ne résulte pas d'un choix, il résulte d'une accumulation.
Munich : la précision structurelle du parallèle
Parmi les parallèles historiques disponibles, le cas de la ville de Munich (LiMux) est celui dont la proximité structurelle avec la situation française est maximale. Une administration européenne, dans une logique assumée d'indépendance vis-à-vis d'un fournisseur américain dominant, a engagé une migration massive vers Linux et LibreOffice. La chronologie est instructive. La décision est prise en mai 2003 par le Stadtrat, sous la municipalité SPD-Verts de Christian Ude, en réaction à la fin de support annoncée de Windows NT 4.0. Le déploiement effectif s'étale de 2006 à 2013 sur environ 15 000 postes, en mode soft migration pour éviter le choc. Mai 2007 : la distribution LiMux obtient la certification TÜV ISO 9241-110, première distribution Linux desktop certifiée pour usage industriel. Fin 2012 : environ 11,7 millions d'euros d'économies cumulées annoncées. Octobre 2013 : la migration est officiellement achevée.
En mars 2014, le nouveau maire SPD Dieter Reiter prend ses fonctions en coalition avec la CSU. Il revendique en interview son statut de « Microsoft fan ». Microsoft installe son siège allemand à Munich-Schwabing, emménagement effectif en octobre 2016 (1 800 salariés, 26 000 mètres carrés). En février 2017 puis en novembre 2017, le Stadtrat vote l'abandon de LiMux. Le coût de la re-migration vers Windows 10 et Office 365, tel que publié sous pression de l'opposition, dépasse les 100 millions d'euros, soit presque dix fois les économies cumulées annoncées en 2012. La leçon la plus discutée par les chercheurs n'est pas technique (Matthias Kirschner, président de la FSFE, rappelle qu'aucune paralysie opérationnelle n'a été documentée) mais politico-organisationnelle. Munich n'a pas centralisé sa gouvernance IT pendant LiMux : plus de vingt entités administratives conservaient une autonomie IT réelle. L'IT-Referat unifié n'a été créé qu'en 2018, c'est-à-dire au moment même de l'abandon du projet. L'étude Accenture qui a servi de support à l'abandon a été commandée à un cabinet partenaire Microsoft de l'année 2016, point souligné dans la littérature critique. L'analyse de cas de Silic et Back (2015, 2017) conclut que les risques technologiques de LiMux étaient gérables, mais que les risques politiques et organisationnels ont été sous-estimés.
Pour la France de 2026, le message structurel est clair. Une migration massive de postes dans une administration publique européenne peut techniquement réussir et être politiquement défaite. La variable critique n'est pas la maturité de Linux ou de LibreOffice, elle est la solidité de la coalition politico-administrative qui porte le projet sur un horizon de dix à quinze ans, c'est-à-dire au-delà des cycles électoraux et des renouvellements ministériels. Anne Le Hénanff a rappelé, selon le communiqué du 8 avril, que « la souveraineté numérique n'est pas une option, c'est une nécessité stratégique ». La formule engage le moment politique présent. Elle n'engage pas les arbitrages budgétaires de 2029 ni les tutelles ministérielles à venir.
D'autres précédents méritent une mention plus brève. Le Plan Calcul (1966-1975), lancé après l'embargo américain sur les calculateurs Bull, illustre la difficulté à construire un champion industriel national sans demande publique captive suffisante : il est enterré par Giscard le 20 mai 1975. Les plateformes Cloudwatt et Numergy, dotées de 150 millions d'euros chacune dans le cadre d'Andromède, ont atteint quelques millions d'euros de chiffre d'affaires là où les prévisionnels annonçaient des centaines. Qwant, soutenu par un prêt BEI de 25 millions d'euros, a migré son infrastructure sur Azure en 2019 et affichait 63 % de résultats servis par Bing selon l'audit DINUM. Chacun de ces cas documente une mécanique différente du verrouillage : défaut de demande publique (Plan Calcul), défaut de masse critique (Cloudwatt), défaut de brique technique souveraine (Qwant). Munich documente la mécanique politique.
Ce que fait et ce que ne fait pas le 8 avril 2026
Le séminaire accomplit trois choses précises. Il fixe un calendrier ministériel (plans avant l'automne 2026). Il désigne les axes de dépendance à cartographier (sept axes). Il ouvre le terrain de coalitions industrielles via les rencontres industrielles du numérique prévues en juin 2026, dont le communiqué indique qu'elles doivent « concrétiser des coalitions ministérielles publiques-privées ». Il ne chiffre pas la transition. Il ne désigne pas de distribution Linux ni de suite bureautique cible. Il ne publie pas de référentiel de compatibilité applicative. Il ne traite pas explicitement du sort des applications métier Windows-only, pourtant identifiées comme l'obstacle principal par le ministère du Numérique du Land de Schleswig-Holstein. Cette asymétrie entre ce qui est annoncé (l'intention) et ce qui est instruit (les verrous) est diagnostique. Elle confirme que le moment est d'abord politique.
Coûts de commutation (P. Klemperer, 1987, puis C. Shapiro & H. Varian, 1999) : ensemble des coûts supportés par un utilisateur quand il substitue un produit à un autre, incluant le coût monétaire, la courbe d'apprentissage, la perte de compatibilité avec des données et des formats existants, la réécriture des intégrations. Ces coûts produisent une rente durable pour le fournisseur en place, indépendamment de la qualité de son offre.
Le cas du Schleswig-Holstein, régulièrement cité comme succès européen, mérite d'être lu avec précision. La Staatskanzlei du Land a confirmé le 4 décembre 2025 que près de 80 % des postes (hors administration fiscale) avaient basculé sur LibreOffice, pour environ 15 millions d'euros d'économies de licences annuelles, à mettre en regard de 9 millions d'euros d'investissements en 2026. La bascule du système d'exploitation, elle, est encore en pilote. Le responsable politique Dirk Schrödter a indiqué à l'agence dpa, le 6 janvier 2026, que 2026 serait « l'année de la modernisation des procédures métiers pour créer les conditions d'un déploiement généralisé du poste de travail Linux ». En septembre 2025, les présidents de tribunaux du Land avaient saisi le ministre pour signaler une « forte perturbation » liée à la migration bureautique, que Schrödter a reconnue. Autrement dit, dans un Land de 30 000 postes, la bascule LibreOffice a pris plus de deux ans et la bascule Linux n'est pas encore généralisée. La trajectoire française, qui prévoit à l'horizon 2027 un périmètre potentiel de 2,5 millions d'agents sur sept axes simultanés, est sans précédent comparable dans une administration européenne.
Gendarmerie : un succès qui ne se transpose pas mécaniquement
Le modèle souvent cité au soutien de la faisabilité française est celui de la Gendarmerie nationale, qui opère en 2024 près de 103 000 postes sous GendBuntu (97 % du parc). Le chiffre de 40 % de réduction du coût total de possession est repris depuis une présentation du major Stéphane Dumond à Lisbonne en septembre 2013, et n'a pas, à la connaissance de cet article, été validé par un audit indépendant de type Cour des comptes. Le succès structurel de GendBuntu tient à trois facteurs peu transposables en l'état. Premier facteur : une stratégie brick by brick engagée dès 2004, qui a commencé par OpenOffice puis Firefox et Thunderbird avant de basculer l'OS, évitant ainsi l'adhérence à un écosystème Exchange institutionnel. Deuxième facteur : une centralisation forte du commandement IT à l'échelle d'un corps d'État unifié, ce qui n'est pas le cas d'un périmètre interministériel. Troisième facteur : l'intégration de la formation à Linux dans les écoles de recrutement, avec un flux de 10 000 à 15 000 nouvelles recrues par an qui renouvelle naturellement les compétences, là où le turnover de la fonction publique d'État est beaucoup plus lent et asymétrique.
La Gendarmerie confirme qu'un ministère peut sortir de Windows. Elle ne démontre pas qu'une administration disposant d'un socle Exchange, d'un Active Directory étendu, d'une couverture Power Platform et d'un parc applicatif Windows-only hérité puisse en sortir au même rythme. Le report fidèle du succès Gendarmerie au reste de l'État est un raisonnement par analogie que les théoriciens de la path dependency invitent précisément à relativiser.
Angles morts du discours institutionnel
Trois points ne sont pas abordés par le communiqué officiel. D'abord, l'asymétrie de périmètre entre l'exemplarité (250 agents à la DINUM) et l'ambition (2,5 millions). Cette asymétrie est cohérente avec une logique de signal, pas avec une logique de pilotage de migration. Les théoriciens néo-institutionnalistes parleraient ici de découplage au sens de Meyer et Rowan, mais le présent article s'en tient à la grille plus directe du verrouillage technologique pour ne pas empiler des concepts. Ensuite, la question du calendrier. Avec les coûts de commutation documentés sur Exchange, Active Directory, Teams et les applications métier, une migration interministérielle réaliste s'inscrit dans l'horizon de la décennie. Or les plans sont exigés avant l'automne 2026 et la cible implicite est 2027. La pression calendaire choisie crée un risque symétrique à celui de Munich mais retourné : au lieu d'un projet long défait par l'alternance, un plan court défait par l'impossibilité opérationnelle. Enfin, la question de la qualification. L'ANSSI, par la voix de son directeur général Vincent Strubel (auditionné le 6 janvier 2026), rappelle que le visa SecNumCloud, obtenu notamment par S3NS (Thales 95 %, Google 5 %) le 17 décembre 2025, est « un outil de cybersécurité et non un label de souveraineté au sens politique ». Cette distinction est structurante. Elle implique que la souveraineté annoncée le 8 avril n'est pas celle que SecNumCloud garantit contractuellement sur les offres hybrides aujourd'hui qualifiées.
Hypothèse vérifiable et indicateurs observables
Le sprint contre les verrous peut réussir, mais seulement s'il consent à ce que les verrous dictent son tempo réel. L'hypothèse que cet article propose à la vérification du lecteur est la suivante : à l'automne 2026, les plans ministériels remis à la DINUM afficheront un taux de migration effectif sur le poste de travail très nettement inférieur à 10 % pour la majorité des ministères, hors Gendarmerie et hors entités déjà engagées avant 2024. L'horizon de vérification est précis : la publication d'un premier bilan consolidé, qu'il soit rendu public par la DINUM ou par la Cour des comptes dans un rapport de suite, entre le 1er janvier et le 1er juillet 2027.
Trois indicateurs observables par un lecteur suivant l'actualité publique permettront de trancher. D'abord, la part du parc ministériel effectivement basculée sur Linux ou sur une suite bureautique non-Microsoft, exprimée en pourcentage du parc total, et non en nombre d'agents cibles affichés dans des plans prévisionnels. Ensuite, l'existence ou l'absence d'une ligne budgétaire consolidée de transition dans le projet de loi de finances 2027, incluant une enveloppe explicitement fléchée vers la refonte des applications métier Windows-only. Enfin, le statut contractuel des grands marchés Microsoft de l'État à l'horizon de leur renouvellement (Éducation nationale, ministère de l'Intérieur hors Gendarmerie, opérateurs sociaux), qui indiquera si la trajectoire est un basculement ou une renégociation sous contrainte.
Si, à l'été 2027, les ministères affichent un taux de migration du poste de travail supérieur à 25 %, assorti d'arbitrages budgétaires publics et de contrats Microsoft non renouvelés, l'hypothèse de verrouillage avancée ici sera réfutée. Dans le cas inverse, le séminaire du 8 avril 2026 aura accompli sa fonction politique (ouvrir la fenêtre, enclencher le débat, élargir la coalition industrielle) sans enclencher le calendrier technique affiché. Ce ne serait pas un échec au sens courant, ce serait une manifestation exacte du mécanisme décrit par Arthur en 1989 : les choix technologiques accumulés pendant quinze ans ne se défont pas en dix-huit mois, même par décret ministériel.
Note méthodologique
Cet article s'appuie sur le communiqué DINUM du 8 avril 2026, sur le rapport de la Cour des comptes du 31 octobre 2025, sur les communications officielles de la Staatskanzlei du Schleswig-Holstein (4 décembre 2025, interview Schrödter du 6 janvier 2026), sur les travaux académiques de Paul David (1985), W. Brian Arthur (1989), Paul Klemperer (1987), Carl Shapiro et Hal Varian (1999), et John Kingdon (1984), et sur l'étude Silic et Back (2015) consacrée au cas LiMux. Trois choix éditoriaux ont été tranchés seuls. Premièrement, le concept central retenu est la path dependency plutôt que des cadres néo-institutionnels également mobilisables (isomorphisme, découplage), en raison de sa capacité directe à éclairer le verrouillage technique spécifique du poste de travail. Deuxièmement, le parallèle principal est LiMux, choisi pour sa proximité structurelle maximale (administration européenne, migration massive, défaite politique), les cas Plan Calcul, Cloudwatt et Qwant étant traités en mentions brèves. Troisièmement, la controverse sur les causes exactes de la perte d'accès de Karim Khan à ses services Microsoft (Microsoft conteste la lecture selon laquelle il aurait coupé unilatéralement le service) est signalée comme point de corrélation documentée à causalité contestée, sans être utilisée comme preuve centrale. Les chiffres de 234 et 250 agents DINUM coexistent dans les sources, le communiqué officiel n'étant pas chiffré : la formulation retenue respecte cette ambiguïté. Le nombre d'axes de dépendance est bien de sept dans le communiqué officiel, la reformulation en huit axes apparaissant dans certaines reprises de presse n'a pas été retenue. La distribution Linux cible à la DINUM n'étant pas officiellement nommée, elle n'est évoquée qu'au titre de piste identifiée par la presse technique. Les entités de la sphère sociale éventuellement concernées par le plan sont mentionnées sous la formule générique « opérateurs sociaux » sans nommer d'organisme particulier.
Sources
Sources primaires institutionnelles
- DINUM, communiqué « Souveraineté numérique : l'État accélère la réduction de ses dépendances extra-européennes », 8 avril 2026. https://www.numerique.gouv.fr/sinformer/espace-presse/souverainete-numerique-reduction-dependances-extra-europeennes/
- DINUM, communiqué sur la généralisation de Visio, 26 janvier 2026. https://www.numerique.gouv.fr/sinformer/espace-presse/souverainete-numerique-etat-visio-solution-visioconference-agents-publics/
- DINUM, bilan « cloud au centre », 24 mars 2026. https://www.numerique.gouv.fr/sinformer/espace-presse/etat-transition-cloud-offres-europeennes-souveraines/
- Sénat, audition d'Anton Carniaux (Microsoft France), commission d'enquête sur la commande publique, 10 juin 2025. https://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20250609/ce*commande*publique.html
- Staatskanzlei Schleswig-Holstein, communiqué sur l'avancement LibreOffice, 4 décembre 2025. https://www.schleswig-holstein.de/DE/landesregierung/ministerien-behoerden/I/Presse/PI/2025/cds/251204*cds*open-source
- Cour des comptes, Les enjeux de souveraineté des systèmes d'information civils de l'État, 31 octobre 2025. https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-enjeux-de-souverainete-des-systemes-dinformation-civils-de-letat
- Commission européenne, Cloud Sovereignty Framework, 20 octobre 2025. https://commission.europa.eu/document/download/09579818-64a6-4dd5-9577-446ab6219113_en
- Projet Sécurix, dépôt public. https://github.com/cloud-gouv/securix
Rapports et études
- CIGREF/Asterès, La dépendance technologique aux logiciels et cloud américains, avril 2025. https://www.cigref.fr/wp/wp-content/uploads/2025/04/Etude-Asteres-La-dependance-technologique-aux-services-de-cloud-et-logiciels-americains-avril-2025.pdf
- OSOR (Commission européenne), LiMux, the IT evolution. https://interoperable-europe.ec.europa.eu/collection/open-source-observatory-osor/document/limux-it-evolution-open-source-success-story-never
- OSOR, Munich's Long History with Open Source in Public Administration. https://interoperable-europe.ec.europa.eu/collection/open-source-observatory-osor/document/munichs-long-history-open-source-public-administration
Cadres théoriques
- David, Paul A., « Clio and the Economics of QWERTY », American Economic Review, 75(2), 1985, pp. 332-337. https://fbaum.unc.edu/teaching/articles/David*AER*1985.pdf
- Arthur, W. Brian, « Competing Technologies, Increasing Returns, and Lock-In by Historical Events », Economic Journal, 99(394), 1989, pp. 116-131. https://fbaum.unc.edu/teaching/articles/Arthur*EJ*1989.pdf
- Klemperer, Paul, « Markets with Consumer Switching Costs », Quarterly Journal of Economics, 102(2), 1987, pp. 375-394.
- Shapiro, Carl et Varian, Hal, Information Rules. A Strategic Guide to the Network Economy, Harvard Business School Press, 1999.
- Kingdon, John W., Agendas, Alternatives, and Public Policies, Little, Brown, 1984.
- Silic, Mario et Back, Andrea, « Technological Risks of Open Source Software Adoption: The LiMux Case », SSRN, 2015. https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2633005
Parallèle historique principal
- Wölbert, Christiane, « Woran LiMux scheiterte und was wir daraus lernen können », c't/Heise, 2020. https://www.heise.de/hintergrund/Woran-LiMux-scheiterte-und-was-wir-daraus-lernen-koennen-4881035.html
- Heise, « Endgültiges Aus für LiMux », 23 novembre 2017. https://www.heise.de/news/Endgueltiges-Aus-fuer-LiMux-Muenchener-Stadtrat-setzt-den-Pinguin-vor-die-Tuer-3900439.html
Presse spécialisée (séminaire et triangulation)
- Next.ink, « L'État veut réduire ses dépendances extra-européennes, la DINUM bientôt sous Linux ». https://next.ink/233186/letat-veut-reduire-ses-dependances-extra-europeennes-la-dinum-bientot-sous-linux/
- IT for Business, « 234 postes : la DINUM sort de Windows, pas l'État ». https://www.itforbusiness.fr/dinum-sortie-windows-pas-etat-102582
- Heise, « Schleswig-Holstein: Open Source ist praxistauglich trotz Umstellungsproblemen », 6 janvier 2026. https://www.heise.de/news/Schleswig-Holstein-Open-Source-ist-praxistauglich-trotz-Umstellungsproblemen-11131005.html
- c't 25/26, « Risikofaktor Donald ». https://www.heise.de/select/ct/2025/26/2531513285924751678
Positions associatives
- April, « La DINUM va-t-elle enclencher un mouvement de fond dans l'État français ? ». https://www.april.org/en/logiciel-libre-la-dinum-va-t-elle-enclencher-un-mouvement-de-fond-dans-l-etat-francais
- ADULLACT et Déclic, lancement d'une messagerie Matrix souveraine, octobre 2025. https://www.banquedesterritoires.fr/ladullact-et-declic-planchent-sur-une-messagerie-instantanee-souveraine
- April, « La Cour des comptes appelle à des orientations claires et ambitieuses ». https://www.april.org/la-cour-des-comptes-appelle-a-des-orientations-claires-et-ambitieuses-en-matiere-de-souverainete-num